Si vous regardez le 20h de France 2, vous avez forcément déjà vu son visage apparaître depuis l’Ukraine, l’Afghanistan ou une autre zone de conflit. Maryse Burgot, c’est cette grand reporter qu’on associe presque instinctivement au courage et au sérieux journalistique. Mais derrière la correspondante de guerre, il y a aussi une femme qui a longtemps gardé sa vie privée bien à l’abri des projecteurs. Spoiler : elle s’est un peu ouverte sur le sujet ces derniers temps, et on a creusé pour vous.
Qui est Maryse Burgot ?
Maryse Burgot naît le 24 juin 1964 à Combourg, en Ille-et-Vilaine. Elle grandit dans la ferme de ses parents à Bazouges-la-Pérouse, ce qui est plutôt loin de l’image qu’on se fait d’une grand reporter internationale (la vie a parfois de drôles de trajectoires). Après des études de lettres modernes à Rennes, elle intègre le Centre universitaire d’enseignement du journalisme de Strasbourg, dont elle sort diplômée en 1989.
Ses débuts se font à RTL Télévision, puis dans plusieurs stations régionales de FR3 (Rouen, Dijon, Nancy, Lyon, pour n’en citer que quelques-unes), avant de rejoindre Télématin sur Antenne 2. Son premier grand reportage international a lieu en 1994, sur l’épidémie de peste en Inde. La suite, c’est une carrière entièrement construite autour des terrains les plus difficiles à couvrir.
Une carrière marquée par le journalisme de guerre
En 1999, avec son confrère Gilles Jacquier, elle réalise un reportage sur les populations fuyant le Kosovo, qui lui vaut le Prix Bayeux des correspondants de guerre. Une récompense prestigieuse dans le milieu, qui marque déjà son positionnement comme journaliste de terrain spécialisée dans les zones à risque.
L’année 2000 reste cependant la plus marquante, et la plus difficile, de son parcours. Maryse Burgot est retenue en otage pendant près de deux mois, du 9 juillet au 27 août, par le groupe Abou Sayyaf à Jolo, aux Philippines. Elle s’était rendue sur l’île avec son équipe pour interviewer un chef rebelle, avant d’être enlevée par des hommes armés. Sa libération, ainsi que celle de quatre autres otages occidentaux, est obtenue grâce à une médiation libyenne.
Depuis 2017, elle est grand reporter spécialisée international au service enquêtes et reportages de France 2. Elle couvre notamment la chute de Baghouz en Syrie en 2019, l’Afghanistan en 2021, et depuis 2022, l’Ukraine, où elle se trouve au Donbass au tout début de l’invasion russe. Elle a aussi été correspondante permanente à Londres puis à Washington pour France Télévisions, des postes qui lui ont permis de concilier un peu plus sereinement vie professionnelle et vie de famille.
En 2024, elle publie « Loin de chez moi : Grand reporter et fille de paysans » aux éditions Fayard, où elle revient sur son parcours hors norme, entre zones de conflit et vie de mère.
Maryse Burgot est-elle mariée, ou divorcée ?
C’est la question qui revient le plus souvent, et pendant longtemps, Maryse Burgot n’y répondait tout simplement pas. Elle est connue pour sa grande discrétion sur sa vie privée, ce qui, pour une femme exposée médiatiquement depuis des décennies, est plutôt rare (et assez admirable, on va le dire).
Elle a fini par se confier au micro du podcast Quincanailles, animé par Marie-Pierre Benitah. Elle y révèle être divorcée, et précise que cette séparation ne venait pas d’elle : « Ce n’était pas mon choix cette vie que je mène aujourd’hui. » C’est son ex-mari, avec qui elle partageait sa vie depuis des années, qui a pris la décision de la quitter.
Elle explique avoir dû réinventer sa façon de vivre après cette rupture, et confie même conseiller aux femmes de son âge de « vivre librement » et de « tenter des aventures ». Une philosophie assumée, loin de la victimisation, même si elle reconnaît que « ce n’est pas rose tous les jours ». Son ex-mari, lui, exerce également dans le journalisme, comme reporter d’images, mais elle reste très discrète sur son identité précise.
Une mère de deux fils, Angelo et Noé
Maryse Burgot est maman de deux garçons, Angelo et Noé, qu’elle a eus avec son ex-mari. Malgré un métier qui l’éloigne très régulièrement de la maison, parfois pendant plusieurs semaines sur des terrains dangereux, elle reste en contact permanent avec eux. Elle a notamment expliqué se faire un point d’honneur à toujours rester joignable par téléphone, peu importe où elle se trouve dans le monde.
Elle a confié que ses fils n’avaient jamais eu peur pour elle au fil de ses missions à l’étranger, ce qui l’amuse plutôt, puisque c’est elle qui s’inquiète davantage de les voir se déplacer en scooter à Paris. Une inversion des rôles assez touchante, quand on pense au type de terrains qu’elle a pu couvrir.
Où vit Maryse Burgot ?
Maryse Burgot vit aujourd’hui en France, dans une maison avec jardin, où elle aime se ressourcer entre ses missions à l’étranger. Elle se décrit elle-même comme quelqu’un de « casanière », ce qui peut surprendre pour une femme qui passe une partie de sa vie sur des terrains de guerre. Mais c’est peut-être justement parce qu’elle est si souvent loin de chez elle qu’elle savoure d’autant plus son chez-soi quand elle y est.
Avant de revenir s’installer durablement en France, elle a vécu plusieurs années à l’étranger pour son métier, d’abord comme correspondante à Londres, puis à Washington, aux États-Unis. Ces deux expatriations, qui ont duré plusieurs années, lui ont permis d’élever ses enfants tout en continuant à exercer son métier de journaliste, avec un rythme un peu moins extrême que celui des grands reportages en zone de guerre.
Maryse Burgot, c’est une grand reporter au parcours impressionnant, mais aussi une femme qui a longtemps préféré garder sa vie privée loin des projecteurs. Aujourd’hui divorcée, mère de deux fils dont elle est visiblement très fière, et installée en France après des années passées à Londres puis à Washington, elle continue de jongler entre sa vie de famille et un métier qui l’emmène sur les terrains les plus exigeants du monde. Une preuve que carrière exceptionnelle et vie personnelle assumée ne sont pas incompatibles, même quand cette dernière n’a pas pris le chemin qu’on espérait.


